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Vernissage d’ « œuvres calligraphiques par un seul mouvement du Vénérable Hsingyun
07/02/2010-07/03/2010

Les conditions dans lesquelles j’ai écrit des « œuvres calligraphiques tracées d’un seul coup »
- Hsin yun
A la fin de 2009, un de mes disciples – le Vénérable Ruchang a tenu pour moi l’exposition « œuvres calligraphiques tracées d’un seul coup » qui fait une tournée dans le monde et dont les conditions dans lesquelles je les avais écrits étaient mes maladies.
J’ai des amis très proches qui me suivent toute ma vie – des maladies. Il y a cinquante ans, j’avais fait abîmer mes jambes, qui faillent être coupées par le médecin, pour diffuser et photocopier des Sutra-Grands Trésors, je me disais que « si je perds mes jambes, cela me donne justement l’occasion d’écrire des articles ». Plus tard, j’avais eu des problèmes cardiaques, cela m’avais permis de croire pouvoir éprouver le fameux dit « la vie suspend entre l’expiration et l’inspiration » . Il y a plus de quarante ans, j’avais contracté le diabète à cause de la famine, depuis, on s’entend en paix l’un et l’autre. Seule la complication provoquée par le diabète a diminué ma vue jusqu’à ce que je ne vois plus clairement des gens et des choses. Selon la diagnose donnée par un hôpital situé à Minnesota aux États-Unis, les fonds des yeux ont été totalement calcifiés à cause du diabète, il n’est plus possible de me guérir.
Que puis-je faire ? Comme je ne vois pas bien, je ne peux lire ni des livres ni des journaux. En mai de cette année, je me suis dis que je pourrais éventuellement signer pour des gens car il y avait souvent des lecteurs, des amis ou des groupes qui m’avaient demandés de signer ou écrire des caractères chinois pour eux. « Bon, je me lance à écrire des caractères » ! Du fait que je ne voyais pas bien, je n’avais qu’à calculer la distance des distances entre des caractères et je traçais des mots d’un seul coup dès que l’encre touche le papier de riz. Si je ne pouvais pas finir une œuvre par un seul mouvement, je ne saurais plus où je mets pour le deuxième coup de pinceau. Ces œuvres s’appellent « œuvres calligraphiques par un seul mouvement » car je ne pouvais que mesurer dans le cœur et dans la tête des distances entre des traits et entre des mots dans une phrase quelque soient des mots qu’elle contient. A propos de la calligraphie, il faudrait préciser que je suis né, il y a plus de quatre-vingt ans, dans une famille pauvre à Yangzhou dans la province du Jiangsu, je n’ai jamais été scolarisé. Même si je me fus fait moine quand j’étais enfant et j’ai grandi dans un monastère, des enseignants fut très stricts avec nous ; un d’eux nous eurent interdit d’ouvrir les yeux, si l’on ouvrait les yeux, il nous demanda « que veux-tu voir ? Quoi est à toi ? » Par conséquent, je fermai souvent les yeux pendant huit ou quinze jours. Des enseignants nous interdirent non seulement de regarder mais aussi de parler, pourtant, j’étais un adolescent qui ne se contrôlait pas pour parler. Je recevrai un gifle chaque fois quand je me mis à parler, l’enseignant me fut demandé : « tu sais que c’est où ? Dans la salle de prière, dans des salles de cours, tu crois que tu as l’aptitude de parler ? » Non, je n’avais pas l’aptitude de parler, donc je me tus souvent six mois ou un an. Dans le cadre de l’éducation aussi stricte que ce modèle « forêt » dans des monastères, il ne fut bien sûr pas absolument sans rien à lire ou à écrire. Au temps de la guerre sino-japonaise, il n’y fut même pas assez de nourritures à manger, il fut naturel qu’on ne disposa pas de quoi à écrire ni de papiers, je n’avais pas vu un crayon et je n’ai jamais pratiqué la calligraphie. Donc, bien que je ne sois pas étranger à la calligraphie, je ne suis pas non plus un calligraphe.
Pendant les années où je venais d’arriver à Taiwan, je n’avais pas écrit avec un pinceau chinois, mais j’ai écrit sur des tableaux pour donner des cours, j’avais écrit avec des plumes pour rédaction et pour publication d’articles (il n’existait pas de stylos en ce moment-là). Pour écrire la « Biographie du Bouddha Sakyamuni » et la « Biographie du Vénérable Maître du Pays Yulin », j’avais écrit des brouillons avec des plumes à encre qui sont conservées maintenant dans le Musée Fo Guang Shan du Secte Linji de l’Ecole Zen. Voilà toute l’histoire de ma soi-disant « calligraphie ».
Il y a soixante ans, j’habitais à Yilan au Monastère Leiyin qui était un petit monastère de l’école « Longhua » et qui a été démolit et reconstruit en un bâtiment de quatre étages par mes efforts, mais après la reconstruction il n’y avait pas assez de fonds pour le peintre. Année après année, des croyants faisaient des prières entourés par des murs non-peints. Chaque année a lieu le rituel « Sept jour pour répéter le nom du Bouddha », il m’avait paru trop simple dans une salle de prière comme telle, que faire ? Bon, j’avais acheté des papiers les moins chers qui étaient des « papiers petites annonces » sur lesquels j’avais écrits des slogans encourageant des pratiquants qui répétaient le nom du Bouddha, je les avais collés sur des murs comme décorations, chaque fois j’ai écrit une centaine. A l’époque, je n’avais pas de moyens pour trouver des calligraphes pour écrire pour le monastère et j’étais obligé d’écrire moi-même. Je n’avais pas d’autres solutions quoique mes calligraphies ne fussent pas belles du tout car je croyais bien « solliciter plutôt soi-même que quelqu’un d’autre ». Après que je les avais collées sur les murs, je n’osai les voir.
Je vivais ainsi à Yilan pendant 26 années, chaque année à l’occasion du rituel « Sept jours pour répéter le nom du Bouddha », j’avais écrit des slogans, sauf cela, je m’entraînais pas d’habitude, donc je ne faisais de progrès. J’ai trois défauts de ma vie : premièrement, je suis originaire de Yangzhou du Jiangsu, je n’arrive pas à changer mon fort accent, j’ai beaucoup essayé pour apprendre l’anglais et le japonais mais je n’ai pas réussi ; deuxièmement, je ne sais pas chanter, même pour des chants bouddhiques, je regrette beaucoup pour cela en tant que moine bouddhique ; troisièmement, je ne sais pas bien faire la calligraphie dont je n’ai pas de confiance. C’est pour cela que je dis souvent à des gens que vous ne regardez pas mes caractères écrits mais vous regardez mon cœur car dans mon cœur il y a un peu de compassion qui peut vous révéler.
A propos des conditions de faire la calligraphie, c’était dans les années 1980, une fois j’avais propagé le Dharma à Taipei, habitant rue Minquan Est, au Monastère Pumen, où avais eu lieu la cérémonie de «Confession à la Lianghuang ». L’espace pour bouger était si limité que je me suis obligé de m’asseoir sur une place pour des croyants pour passer le temps. Un croyant a laissé par hasard un pinceau chinois, de l’encre, une pierre à encre, j’ai pris le pinceau et j’ai commencé à écrire sur des journaux. En ce moment-là, un croyant, dont je me rappelle plus le nom, m’a approché, m’a glissé une enveloppe. De tout temps, je n’aime pas accepter des enveloppes données par des croyants. Même si j’habitais dans ce monastère, je suis entré et sorti par des portes derrières, je n’ai que parlé et expliqué du Dharma avec eux, pas plus.
Cette fois-ci, ce croyant a enfin trouvé l’occasion de me parler et de me passer l’enveloppe. Je l’ai ouvert et j’ai vu cent milles New Taiwan Dollars, je me suis dit « ce n’est pas possible ! » Très vite, j’ai lui fait venir et voulais lui rendre l’argent, mais il ne l’acceptait pas quoi que je dise. Dans ce cas-là, ce ne serait pas élégant de trop bouger pour lui rendre, j’ai prit une feuille que je venais de finir et où j’ai écrit « croire, comprendre, pratiquer et prouver», j’ai dis « bon, cette feuille est pour toi ». Je crois toujours qu’il faut répondre à la courtoisie par la courtoisie.
Après avoir eu cette feuille, le croyant s’en est vanté avec d’autres, peut-être en disant que je lui ai offert une œuvre calligraphique. Dans la salle de prière, il y avait à peu près quatre cents personnes qui répétaient la formule de la confession, quand ils ont entendu parler de cela, ils voulaient aussi demander mes calligraphies. Le croyant en question leur a dit que « j’ai fait une offrande de cent milles NTD pour la feuille ». Des croyants, respectant bien des règles bouddhiques, ne mettaient pas en lien avec des vénérables à part d’éclaircissements que j’avais donné. A cette occasion, ils disent l’un après l’autre que « on veut aussi offrir cent milles NTD pour avoir une calligraphie du Vénérable ». Ils étaient tellement bienveillants que je ne pouvais pas les refuser. Le premier jour, j’ai écris plus de quatre cents et j’étais mal aux mains et au dos. Le deuxième jour, il y avait une autre cérémonie qui avais réunit à peu près quatre cents croyants qui ont entendu parler l’anecdote de la veille. Ils m’en ont demandé aussi l’un après l’autre avec une enveloppe de cent milles NTD comme offrande. Ainsi, j’ai reçu tout d’un coup plusieurs dizaines de millions de NTD dont je ne me souviens plus le chiffre exact. Comme j’ai grandi dans le monastère et je n’ai pas l’habitude d’utiliser de l’argent, je ne savais pas quoi faire avec cette somme. Ma vie est marqué plutôt en tant qu’éducateur qu’un moine. Par coïncidence, on effectuait un projet de construire l’University of the West, j’ai fait venir la Vénérable Cizhuang en lui disant « cette somme suffit pour le projet ». J’ignorais que des calligraphies étaient appréhensibles ou non, mais c’était la première fois que j’avais senti que je pouvais faire construire une université en faisant la calligraphie, cela m’en a donné la confiance.
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